ARNAQUES FONCIÈRES
Arnaques foncières :
L’ACI-SA sonne l’alerte et appelle à la vigilance
Usurpation d’identité, faux comptes, documents falsifiés et demandes de paiement sur des numéros personnels : face à la montée des pratiques frauduleuses, l’Agence de Cessions Immobilières (ACI-SA) appelle les citoyens à vérifier systématiquement toute offre foncière avant de s’engager. La PDG de l’Agence, Mme Bah Arabia Touré, a livré ce mardi un message de fermeté, de clarification et de responsabilité, avec un objectif central qui est de protéger les citoyens et préserver la confiance dans les institutions.
Par Mamadou CAMARA Info360.info, Bamako le 14 Septembre 2026
Depuis plusieurs mois, le secteur foncier malien est confronté à une nouvelle forme de risque : l’exploitation frauduleuse de l’identité et de l’image d’institutions publiques et parapubliques à travers les réseaux sociaux et les plateformes numériques.
C’est dans ce contexte que la PDG de l’Agence de Cessions Immobilières (ACI-SA), Mme Bah Arabia Touré, a tenu ce mardi, au siège social de l’Agence, un point de presse consacré à l’usurpation d’identité de l’ACI-SA, du Ministère chargé de l’Urbanisme, de l’Habitat, des Domaines, de l’Aménagement du Territoire et de la Population (MUHDATP), ainsi qu’aux arnaques immobilières.
La rencontre s’est déroulée en présence notamment du Chargé de Communication du MUHDATP, Moulaye Idriss Touré, du Directeur Général Adjoint des Domaines et du Cadastre, Adama Traoré, du Directeur National de l’Urbanisme et de l’Habitat, Mamadou Ouologuem, ainsi que de responsables et agents de l’ACI-SA et de représentants des médias.
Depuis juin, les fraudeurs exploitent l’image des institutions
Selon l’exposé de la PDG, des individus utilisent depuis le mois de juin 2026 le nom, le logo, les photographies et différents supports de communication de l’ACI-SA pour proposer de prétendues opérations de vente de parcelles.
Les procédés signalés sont multiples, notamment les faux comptes sur les réseaux sociaux, faux sites internet, fausses annonces, faux communiqués, messages WhatsApp, documents falsifiés ou encore détournement de photographies institutionnelles.
Plus préoccupant encore, certaines publications utiliseraient également le nom ou l’image de responsables institutionnels afin de donner une apparence officielle à des opérations qui ne le seraient pas.
La clarification apportée par la direction de l’ACI-SA est sans ambiguïté : les offres et sollicitations frauduleuses évoquées lors du point de presse n’émanent ni de l’ACI-SA, ni du MUHDATP, ni de la Direction Générale des Domaines et du Cadastre.
Le capital-confiance de l’ACI-SA, nouvel enjeu de la fraude
Au-delà du préjudice financier potentiel pour les victimes, cette situation pose une question plus large : celle de la confiance dans les institutions intervenant dans le secteur foncier.
L’ACI-SA, dont le nom est associé depuis plusieurs années aux opérations immobilières relevant de ses missions, dispose d’un capital de confiance auprès des citoyens, des investisseurs et des partenaires.
C’est précisément cette crédibilité que les fraudeurs chercheraient à exploiter.
Comme l’a souligné Mme Bah Arabia Touré, l’enjeu ne consiste donc pas uniquement à protéger un logo ou une identité institutionnelle. Il s’agit également de protéger l’épargne des citoyens, leurs données personnelles et la confiance qu’ils accordent aux institutions.
Cette situation constitue ainsi un défi de gouvernance à l’ère numérique : plus les outils de communication se démocratisent, plus la capacité à authentifier une information devient déterminante.
« En cas de doute, ne payez pas. Vérifiez. »
Face à cette évolution des méthodes frauduleuses, l’ACI-SA insiste sur un principe simple : une information largement partagée sur les réseaux sociaux n’est pas nécessairement une information officielle.
La PDG rappelle notamment qu’une parcelle ACI ne s’acquiert pas simplement à travers une publication Facebook, un message WhatsApp ou une plateforme non officiellement habilitée.
Elle précise également que l’ACI-SA ne demande pas à ses clients d’effectuer des paiements sur un numéro personnel par Orange Money, Mobile Money ou par un quelconque mécanisme informel.
Les demandes de versement destinées à « bloquer », « réserver » une parcelle ou à régler prétendument des frais de dossier sur un numéro personnel doivent donc constituer, pour tout citoyen, un signal d’alerte majeur.
Les opérations officielles obéissent, selon la direction de l’Agence, à des procédures établies, identifiables et traçables : programmes officiellement communiqués, prix établis, modalités d’acquisition et procédures de paiement encadrées.
Le réflexe recommandé est donc clair : avant de payer, vérifier directement auprès de l’ACI-SA.
Une réponse institutionnelle et judiciaire
L’Agence affirme ne pas être restée passive face aux pratiques dénoncées.
Elle indique avoir saisi les autorités compétentes et engagé une procédure auprès du Pôle national de lutte contre la cybercriminalité, tout en déclarant collaborer avec les services compétents dans le cadre des investigations.
Cette démarche traduit une volonté de traiter le phénomène non comme un simple problème de communication, mais comme une question touchant à la sécurité des citoyens, à la protection des transactions et à la crédibilité de l’action publique.
Aux personnes susceptibles d’avoir été victimes, l’ACI-SA recommande de conserver toutes les preuves disponibles : captures d’écran, conversations, liens, numéros de téléphone, références de transactions, reçus et documents transmis.
Les médias, maillon essentiel de la vérification
Dans cette lutte contre la fraude numérique, les médias ont également un rôle stratégique.
La PDG a appelé les journalistes à renforcer la vérification des informations présentées comme provenant de l’ACI-SA ou des institutions partenaires.
Le message est particulièrement pertinent dans un environnement où une publication peut atteindre plusieurs milliers de personnes en quelques heures.
Un logo peut être copié. Une photographie peut être détournée. Un communiqué peut être falsifié. La viralité, elle, ne constitue jamais une preuve d’authenticité.
La coopération entre institutions et médias apparaît dès lors comme un outil important de prévention et d’éducation du public.
Préserver la confiance, renforcer la transparence
À travers ce point de presse, l’ACI-SA entend surtout rappeler que la lutte contre les arnaques immobilières constitue une responsabilité collective.
Pour l’Agence, il s’agit désormais de poursuivre le renforcement des mécanismes de contrôle, d’information et de vérification, tout en modernisant ses outils et en améliorant l’accompagnement des clients et partenaires.
L’enjeu dépasse ainsi la seule protection de l’ACI-SA. Il concerne plus largement la sécurisation du secteur foncier, la protection du citoyen et le renforcement de la confiance dans les institutions chargées d’accompagner les opérations immobilières au Mali.
Le message de l’ACI-SA tient finalement en trois réflexes simples :
Avant de payer : vérifiez.
Avant de partager : vérifiez.
Avant de croire : vérifiez.
Dans un secteur aussi sensible que le foncier, où une décision peut engager l’épargne d’une vie, la vigilance n’est pas une option : elle constitue une première protection.
L’ACI-SA réaffirme, pour sa part, son engagement à poursuivre sa mission dans le respect des procédures, en collaboration avec les autorités compétentes et au service des citoyens, des partenaires et de l’État.
L’information vérifiée protège. La confiance se construit. Et la lutte contre la fraude passe d’abord par la vérification.
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